L’HUILE DE PALME ET SES CONSÉQUENCES DÉSASTREUSES

  • L’HUILE DE PALME ET SES CONSÉQUENCES DÉSASTREUSES

Ces dernières années, les soucis de santé en matière de graisses trans ont incité les entreprises agroalimentaires à trouver des ingrédients de substitution pour leurs marques d’encas. Malheureusement, le substitut qu’ils ont découvert était l’huile de palme. Alors que la consommation d’huile de palme présente des conséquences moins importantes que celles qui avaient poussé les consommateurs à fuir les graisses trans, la production d’huile de palme a des répercussions désastreuses qui devraient pousser les gens à hésiter avant de saisir leurs encas préférés sur les rayons de supermarché.

L’huile de palme est un ingrédient courant dérivé du fruit du palmier à huile. Les autochtones l’utilisent traditionnellement pour la friture, elle a cependant pris une place centrale dans de nombreux produits industriels, car c’est l’une des rares huiles végétales qui reste solide à température ambiante. Cette augmentation de la demande issue des pays industrialisés a entraîné la coupe à blanc de forêts tropicales pour faire de la place aux plantations pratiquant la monoculture dans les pays disposant du climat adapté à la croissance des palmiers à huile. L’Indonésie et la Malaysie sont de loin les plus gros producteurs d’huile de palme dans le monde, mais d’autres pays d’Asie du Sud, d’Afrique subsaharienne, et d’Amérique latine ont récemment accru leurs productions d’huile de palme.

Quel est le problème de l’huile de palme ? La production commerciale d’huile de palme a des effets catastrophiques sur l’environnement et sur la vie des populations autochtones, tout ceci pour un produit qui n’est pas vraiment meilleur pour vous que les graisses trans qu’il devait remplacer ! Les plantations de palmiers à huile ont été étendues jusqu’au cœur des forêts tropicales de l’Asie du Sud, détruisant de nombreux habitats d’espèces menacées. Le tigre de Sumatra est gravement menacé de disparition, avec moins de 700 individus restant à l’état sauvage, et plusieurs autres espèces le rejoignent sur la liste des espèces en danger critique d’extinction, dont le rhinocéros et l’éléphant de Sumatra, et les deux espèces d’orangs-outans, celui de Sumatra et celui de Bornéo. Tous ces animaux et beaucoup d’autres souffrent de la disparition et de la fragmentation de leurs habitats qu’entraîne la culture de palmiers à huile. En outre, les plantations sont souvent installées au sommet des tourbières, et le défrichage de ces zones a pour effet d’augmenter les émissions de gaz à effet de serre, contribuant significativement au problème déjà critique du changement climatique mondial anthropique.

La culture commerciale de ces palmiers met également en péril les droits de l’Homme dans de nombreux pays produisant de l’huile de palme. La destruction des forêts tropicales pour faire de la place aux plantations de palmiers à huile engendre des déplacements de populations humaines comme d’espèces animales menacées, les populations autochtones et les communautés rurales ont été expulsées de force de leurs domiciles sans aucune compensation, et leurs terres ont été converties en plantations. Les travailleurs journaliers des plantations ne sont pas mieux traités, en Malaisie, de nombreuses plantations font appel à des immigrés sans-papiers, particulièrement vulnérables à l’exploitation qui s’apparente à de l’esclavage. Le travail des enfants est une autre réalité tragique dans les plantations situées dans les deux pays qui produisent le plus d’huile de palme.

Y a-t-il un bénéfice à pousser des espèces menacées au seuil de l’extinction, à rejeter du carbone dans l’atmosphère, et alimenter les atteintes au droit de l’Homme dans les pays en développement ? Pas vraiment en matière de santé. L’huile de palme a cependant gagné en popularité en tant que substitut aux graisses trans une fois que les risques sanitaires que présentent les secondes ont été largement connus, toutefois rien ne nous permet d’affirmer que l’huile de palme est vraiment moins nocive pour votre santé. Le mode scientifique est toujours très divisé sur ce sujet. Selon une étude de 2006 menée par le NIH (Institut Américain de la Santé) et le service de recherche agricole de la USDA, l’huile de palme provoque les mêmes problèmes de cholestérol que les graisses trans, mais deux rapports de 2010 affirment qu’elle est plus saine. Les bienfaits douteux de l’huile de palme sur la santé ne justifient pas son coût en dévastations infligées à l’environnement et en souffrances humaines.

Signez la pétition et boycottez l’huile de palme